troisième tour: Rafael Nadal ESP (4) bat Richard Gasquet (30) 6/4 6/3 6/2
Q. Est ce que son lift vous a particulièrement gêné?
R. Oui, j'imagine... C'est clair que son lift m'a beaucoup gêné aujourd'hui. Ce qui m'a le plus gêné, c'est qu'il est vraiment physiquement au-dessus de moi. Il a mieux supporté la chaleur, les rallyes ; j'ai du mal à tenir sur trois sets gagnants. Sur les lifts, il m'a beaucoup gêné, c'est certain.
Q. Penses-tu que la chaleur a accentué ce rebond, et notamment t'a obligé à frapper les balles un peu plus haut que tu as l'habitude de les frapper ?
R. Oui, c'est sûr, ça a bien accentué le rebond, ça ne m'a pas aidé, mais c'est surtout la chaleur. Physiquement, c'était très dur pour moi de suivre le rythme imposé sur trois sets. Ce n'était pas facile aujourd'hui pour moi, c'est sûr que c'est un peu dur. On ne peut dire que cela. Ce n'est ni la surface ni particulièrement son jeu, mais c'est dur pour moi de faire tous les points à 100 % sur trois sets.
Q. A partir de quand t'es-tu senti vraiment fatigué ?
R. Au milieu du second set, j'ai senti que c'était très dur, qu'il fallait que je tienne encore deux sets et demi ou trois sets pour gagner, ce n'était pas facile. La chaleur ne m'a pas aidé. Les tournois que j'ai faits avant ne m'ont pas aidé du tout les premiers tours. Il est au-dessus de moi physiquement. Aujourd'hui, il va falloir que je travaille beaucoup pour le rattraper.
Q. Penses-tu qu'en travaillant beaucoup, tu peux le rattraper physiquement potentiellement ?
R. On a le même âge physiquement et il est plus au-dessus que moi en maturité. Je n'ai pas beaucoup travaillé physiquement comparé à lui et je n'ai pas la même maturité que lui. Physiquement, j'ai l'impression d'être un junior et lui un senior. Sa maturité physique est déjà faite, il est à 100 % physiquement alors que, moi, je ne suis vraiment pas aguerri ce niveau-là.
Q. As-tu le sentiment qu'il est capable de ramener des balles... ta qualité de balle, qu'il est le seul à pouvoir les ramener ou qu'il y a très peu de joueurs ?
R. Oui, très peu de joueurs peuvent en ramener des comme ça. C'est sa force. Après, on a l'impression qu'il n'est pas fatigué, il court partout, c'est dur pour l'adversaire.
Q. A la fin du deuxième, tu as fait appel à Bernard. Quel était le problème ?
R. Prendre un peu temps... (Rires) Je n'aurais pas pu repartir après deux minutes, c'était un peu dur, c'est vrai, je n'ai pas l'habitude mais là, ç'aurait été dur.
Q. Tu as déjà fait ce coup-là ou est-ce la première fois ?
R. C'est vraiment un cas d'extrême urgence. C'était assez urgent.
Q. Peux-tu décrire dans quel état d'esprit tu étais exactement quand tu es rentré sur le court?
R. Bien, je suis très satisfait de que ce que j'ai fait pendant ces deux mois, même si je perds contre NADAL, il n'y a aucun problème. Je suis très content d'avoir joué un gros match sur le Central. Cela me donne une expérience, et je sais où sont mes limites et ce que j'ai à travailler. Je sais que c'est important pour moi de savoir où je me situe. Je suis content de ce que j'ai fait ces deux mois.
Q. NADAL a dit que, peut-être, il a mieux réussi à supporter la pression que toi ?
R. Non, la pression, ça allait, ce n'était pas du tout cela. Il a un meilleur physique sur trois sets que moi. Ca ne va pas plus loin. La pression, je la supportais très bien aujourd'hui et il n'y avait pas de problème avec cela.
Q. Justement puisque tu étais peut-être inférieur physiquement, n'as-tu pas regretté d'avoir joué le double, ça t'a pompé de l'énergie ?
R. Non, ça ne m'a pas pompé du tout. (Rires). C'est sûr.
Q. Peux-tu nous parler de l'approche tactique que tu avais avant le match et nous dire si tu t'es rendu compte très vite que tu n'allais pas pouvoir l'appliquer ou de manière trop intermittente ?
R. Je fais un point en avançant, après il faut faire la volée ; je ne peux pas enchaîner tout le temps sur des points comme cela, c'est trop dur physiquement. Il faut faire un effort très important pour faire un point contre lui. Après, je peux laisser deux points par-ci par-là. Puis plus le match avance, plus c'est difficile à faire.
Q. Le fait de l'avoir joué à Monte-Carlo vous a-t-il aidé ou pas ?
R. Non, ça ne m'a pas plus aidé que cela. Non, cela ne m'a pas du tout aidé. Je sais comment il joue. Encore une fois, on peut savoir comment joue l'adversaire et ne pas avoir les possibilités pour le battre.
Q. Au niveau du service, ta première balle n'a pas été aussi bonne qu'elle l'avait été par exemple à Monte-Carlo ?
R. La chaleur, les points difficiles, après c'est dur d'enchaîner, de mettre une première balle, d'avoir beaucoup de jus pour le faire. J'ai beaucoup de mal à enchaîner sur les points avec beaucoup d'intensité. C'est très dur et ce n'est pas possible aujourd'hui, c'est clair, ça ne l'était pas.
Q. Quel souvenir garderas-tu de ce Roland Garros, indépendamment du match d'aujourd'hui ? Quelle impression, quel souvenir garderas-tu ?
R. J'étais un peu stressé avant d'arriver sur mon premier tour. J'ai essayé de faire le maximum. J'ai bien joué, je suis content de ce que j'ai fait ici ; j'étais au troisième tour, j'ai perdu contre NADAL, il n'y a aucun problème avec cela. Je suis surtout très content des 2 mois que j'ai fait après la maladie. Ce n'était pas facile car je n'ai pas pu travailler pendant 3 ou 4 mois, cela ne m'a pas aidé contre lui. Je suis content de ce que j'ai réalisé pendant ces 2 mois et j'ai très envie de continuer à travailler pour battre ces joueurs-là dans les mois à venir.
Q. Comment vois-tu le match NADAL-GROSJEAN ?
R. Il peut gagner, c'est certain, avec ce niveau de jeu ; il va monter au filet. Mais il va falloir qu'il fasse un grand match pour l'emporter, c'est sûr.
Q. Tu vas prendre quelques jours de repos ?
R. Oui, oui. Je ne sais pas quand je vais revenir ; juste pour partir sur le gazon en Angleterre.
Q. Quel est ton programme gazon après le tournoi ?
R. Queen's, Nottingham et Wimbledon.
Q. Est-ce une surface que tu aimes bien et pourquoi ?
R. Il n'y a pas de problème avec cette surface, elle s'adapte bien à mon jeu, je peux bien retourner, bien servir et bien volleyer. Ca s'adapte bien à mon style de jeu. Je pense pouvoir jouer sur gazon aussi bien que sur terre battue.
Q. As-tu l'intention d'assister au match entre GROSJEAN et NADAL ?
R. Non, le tennis j'en ai assez vu (Rires). Peut-être à la télé.
Q. Cela a été une journée très chaude, le court très rapide, très dur, il frappe des balles très fortes avec un effet. Même avec votre taille, on avait l'impression que la balle était toujours à hauteur de vos épaules ?
R. Je ne fais quand même pas 1,90 m ! Il est clair que c'était très dur pour moi, c'était très gênant, cela ne m'a pas aidé. Le terrain était très rapide, j'avais des balles très hautes, surtout sur mon revers, je n'arrivais pas trop à relancer. Mais aujourd'hui, j'ai un peu péché sur 3 sets. J'ai quand même du mal contre ce style de joueur, un peu au-dessus de moi physiquement. J'ai beaucoup de mal à tenir le rythme.
Q. Votre meilleur moment a été au début du deuxième set, au moment où vous avez eu deux très bons revers très forts. A ce moment-là que pensiez-vous ?
R. J'ai réussi à faire deux revers supers, j'ai réussi à faire beaucoup de points gagnants. Je pensais que ça allait être dur de les refaire, vu mon état. J'avais fait beaucoup d'effort pour faire ces points gagnants, je savais que derrière, j'aurais une baisse d'intensité ; et cela s'est bien produit d'ailleurs.
Q. Le public était très excité, déjà, il y a deux jours lorsqu'on a commencé à parler de ce match. Comment Avez-vous senti le public ? Le soutien du public vous a-t-il aidé ?
R. Le public m'a beaucoup aidé, j'essayais de faire le maximum mais ce n'était pas évident. J'avais beaucoup de mal, il faisait chaud. Il était quand même au-dessus de moi physiquement, je savais que ça allait être dur de jouer ; j'aurais préféré jouer sur un terrain un peu moins rapide, où il aurait fait surtout moins chaud. J'aurais eu plus de chance de faire plaisir au public que ce que j'ai pu faire aujourd'hui. Je vais essayer de travailler beaucoup pour lui faire plus plaisir la prochaine fois.