Richard Gasquet réalise une année 2005 sur terre battue particulièrement prometteuse. Après un passage chez les pros délicat, le Biterrois semble enfin donner la pleine mesure de ses moyens. Au plus grand bonheur des fans de Roland Garros.
Par Guillaume Serres
A quelques jours de ses 19 ans, il les aura le 18 juin prochain, Richard Gasquet débute réellement sa carrière. Le grand espoir du tennis français, annoncé depuis des années comme le successeur de Yannick Noah, confirme enfin les immenses espoirs placés en lui. Le Biterois vit en effet un printemps de folie. Ses places de demi-finaliste à Monte-Carlo puis de finaliste à Hambourg, deux des trois derniers Masters Series disputés, ont servi de tremplin à l'ancien élève de Tarik Benhabilès. Quelles sont donc les raisons de ce soudain revirement de situation après des mois d'errance sur les courts de la planète tennis ? Tentative d'explications.
Une jeunesse dorée
Né en 1986, Richard Gasquet prend très vite une raquette dans ses mains. Dans une chambre tapissée des posters d'Agassi et consorts, la passion du jeune homme devient vite débordante. Le destin fera le reste. A 4 ans, Gasquet traîne déjà sa tignasse blonde sur les courts et gagne son premier tournoi. A 9 ans, il fait la couverture de Tennis Magazine, avec un titre explicite : Le champion que la France attend. Les données sont donc claires et la pression commence à s'exercer sur lui. Protégé par son entourage, Gasquet continue sa progression assez classiquement. Champion de France, vainqueur des Petits As, puis champion du monde junior et enfin de plusieurs Grand Chelem dans cette même catégorie, la progression est constante et résonnée. Le grand pas est franchi en 2002 avec un huitième de finale de Masters Series. Mais la marche est plus haute que prévue et la suite sera moins réjouissante.
Sous la coupe d'Eric Winogradski jusqu'en 2003, Gasquet n'arrive pas à concrétiser, chez les pros, les qualités qu'on lui prête. Après un essai infructueux avec Tarik Benhabilès (Septembre 2003 - Janvier 2004), pourtant maître es champion avec Andy Roddick notamment, Gasquet est au fond du trou. Incapable de passer un tour en Australie et à Roland Garros, le Français déçoit. Tous les espoirs d'une fédération placés en lui sont anéantis par sa supposée «faiblesse mentale». Car le jeune homme semble ne pas supporter la présence des médias et des fans. Incapable de retrouver un niveau de jeu digne de ce nom, Richard décide de reprendre les bases de zéro.
L'arrivée de Deblicker
C'est avec Eric Deblicker que le jeune homme retrouve les sommets. Parti faire le tour des tournois Challenger, le duo parcours l'Hexagone. Parfait pour reprendre confiance, ces tournois mineurs l'éloignent de plus de la pression du monde professionnel. Gasquet se forge de nouveau un mental en acier. Et sa présence sur les grands tournois est plus réfléchie. Place à la qualité plutôt qu'à la quantité. Après une année 2004 équilibrée, 13 victoires pour 15 défaites, dont un succès en double à Roland Garros avec Tatiana Golovin, le début de l'année 2005 est signé Gasquet.
La révolution 2005
Deblicker est assez clair : «Il a retrouvé le naturel qu'il avait perdu à un moment : jouer en étant patient et humble. C'est la base de son jeu. Maintenant il l'a bien en tête. Cest sans doute une des raisons pour lesquelles il joue aujourd'hui aussi bien. Il est capable d'attendre le bon coup pour jouer la bonne balle.» Dans l'ombre de son rival Rafael Nadal depuis le plus jeune âge, Gasquet monte peu à peu en puissance. Après une mise en jambe en Australie, Gasquet crée l'exploit à Monte Carlo. Après Mantilla et Davydenko, le Français s'offre le scalp de l'invincible Federer. Trois sets de très grande qualité (6/7 6/2 7/6) et une première demi-finale à ce niveau. Mais Gasquet, épuisé par son parcours lâche contre Nadal en trois sets. L'Espagnol est d'ailleurs euphorique et remportera dans la foulée le tournoi puis celui de Barcelone. Gasquet continue de travailler dans son coin et se présente à Rome le moral gonflé à bloc. Après avoir laminé Srichaphan (6/0 6/2) au premier tour, Gasquet tombe contre son idole. Inhibé par l'aura d'Agassi, le jeune homme manque complètement son match (6/2 6/3). Ce n'est que partie remise.
La semaine suivante à Hambourg, Gasquet répond présent. Issu des qualifications, le futur numéro 1 français de la Race ATP (15) au terme du tournoi réalise un festival. Karlovic, Massu, Hrbaty, Seppi puis Rochus tombent un à un. Gasquet retrouve Federer en finale pour une revanche qui sent la poudre. Le Suisse démontre une force redoutable et une maîtrise de l'évènement que Richard ne possède évidemment pas encore. Trois sets (6/3, 7/5, 7/6) et 2h14 de jeu plus tard, Gasquet sort avec les honneurs du central allemand. Désormais suffisamment bien classé, Gasquet aborde Roland Garros en position de tête de série et dans le Top 5 des joueurs de terre battue de la saison. De quoi faire un bien beau tournoi porte d'Auteuil...
SOURCE
Par Guillaume Serres
A quelques jours de ses 19 ans, il les aura le 18 juin prochain, Richard Gasquet débute réellement sa carrière. Le grand espoir du tennis français, annoncé depuis des années comme le successeur de Yannick Noah, confirme enfin les immenses espoirs placés en lui. Le Biterois vit en effet un printemps de folie. Ses places de demi-finaliste à Monte-Carlo puis de finaliste à Hambourg, deux des trois derniers Masters Series disputés, ont servi de tremplin à l'ancien élève de Tarik Benhabilès. Quelles sont donc les raisons de ce soudain revirement de situation après des mois d'errance sur les courts de la planète tennis ? Tentative d'explications.
Une jeunesse dorée
Né en 1986, Richard Gasquet prend très vite une raquette dans ses mains. Dans une chambre tapissée des posters d'Agassi et consorts, la passion du jeune homme devient vite débordante. Le destin fera le reste. A 4 ans, Gasquet traîne déjà sa tignasse blonde sur les courts et gagne son premier tournoi. A 9 ans, il fait la couverture de Tennis Magazine, avec un titre explicite : Le champion que la France attend. Les données sont donc claires et la pression commence à s'exercer sur lui. Protégé par son entourage, Gasquet continue sa progression assez classiquement. Champion de France, vainqueur des Petits As, puis champion du monde junior et enfin de plusieurs Grand Chelem dans cette même catégorie, la progression est constante et résonnée. Le grand pas est franchi en 2002 avec un huitième de finale de Masters Series. Mais la marche est plus haute que prévue et la suite sera moins réjouissante.
Sous la coupe d'Eric Winogradski jusqu'en 2003, Gasquet n'arrive pas à concrétiser, chez les pros, les qualités qu'on lui prête. Après un essai infructueux avec Tarik Benhabilès (Septembre 2003 - Janvier 2004), pourtant maître es champion avec Andy Roddick notamment, Gasquet est au fond du trou. Incapable de passer un tour en Australie et à Roland Garros, le Français déçoit. Tous les espoirs d'une fédération placés en lui sont anéantis par sa supposée «faiblesse mentale». Car le jeune homme semble ne pas supporter la présence des médias et des fans. Incapable de retrouver un niveau de jeu digne de ce nom, Richard décide de reprendre les bases de zéro.
L'arrivée de Deblicker
C'est avec Eric Deblicker que le jeune homme retrouve les sommets. Parti faire le tour des tournois Challenger, le duo parcours l'Hexagone. Parfait pour reprendre confiance, ces tournois mineurs l'éloignent de plus de la pression du monde professionnel. Gasquet se forge de nouveau un mental en acier. Et sa présence sur les grands tournois est plus réfléchie. Place à la qualité plutôt qu'à la quantité. Après une année 2004 équilibrée, 13 victoires pour 15 défaites, dont un succès en double à Roland Garros avec Tatiana Golovin, le début de l'année 2005 est signé Gasquet.
La révolution 2005
Deblicker est assez clair : «Il a retrouvé le naturel qu'il avait perdu à un moment : jouer en étant patient et humble. C'est la base de son jeu. Maintenant il l'a bien en tête. Cest sans doute une des raisons pour lesquelles il joue aujourd'hui aussi bien. Il est capable d'attendre le bon coup pour jouer la bonne balle.» Dans l'ombre de son rival Rafael Nadal depuis le plus jeune âge, Gasquet monte peu à peu en puissance. Après une mise en jambe en Australie, Gasquet crée l'exploit à Monte Carlo. Après Mantilla et Davydenko, le Français s'offre le scalp de l'invincible Federer. Trois sets de très grande qualité (6/7 6/2 7/6) et une première demi-finale à ce niveau. Mais Gasquet, épuisé par son parcours lâche contre Nadal en trois sets. L'Espagnol est d'ailleurs euphorique et remportera dans la foulée le tournoi puis celui de Barcelone. Gasquet continue de travailler dans son coin et se présente à Rome le moral gonflé à bloc. Après avoir laminé Srichaphan (6/0 6/2) au premier tour, Gasquet tombe contre son idole. Inhibé par l'aura d'Agassi, le jeune homme manque complètement son match (6/2 6/3). Ce n'est que partie remise.
La semaine suivante à Hambourg, Gasquet répond présent. Issu des qualifications, le futur numéro 1 français de la Race ATP (15) au terme du tournoi réalise un festival. Karlovic, Massu, Hrbaty, Seppi puis Rochus tombent un à un. Gasquet retrouve Federer en finale pour une revanche qui sent la poudre. Le Suisse démontre une force redoutable et une maîtrise de l'évènement que Richard ne possède évidemment pas encore. Trois sets (6/3, 7/5, 7/6) et 2h14 de jeu plus tard, Gasquet sort avec les honneurs du central allemand. Désormais suffisamment bien classé, Gasquet aborde Roland Garros en position de tête de série et dans le Top 5 des joueurs de terre battue de la saison. De quoi faire un bien beau tournoi porte d'Auteuil...
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